| 03 Février 2012 |
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Consensus Taux et Changes - Février 2012 : l'euro-dollar attendu à 1.25 d'ici fin avril |
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Consensus Taux et Changes - Février 2012
La récente dégradation par le FMI des perspectives de croissance en zone euro (de 1,1 % à -0,5 % pour 2012) n’a pas inversé la tendance haussière suivie par la monnaie unique depuis mi-janvier. Pour le panel du consensus taux et changes, qui a une nouvelle fois révisé à la baisse ses anticipations sur l’évolution de l’euro-dollar, ce n’est qu’une question de temps. En effet, la parité est attendue à 1,25 à horizon fin avril, à comparer à un niveau de 1,32 au soir du 2 février. « Au regard des fondamentaux, la force actuelle de l’euro est incompréhensible et ne joue pas son rôle d’amortisseur de crise », estime Isabelle Job, économiste au Crédit Agricole. « Le problème est que les autres pays industrialisés, pris au piège de leur dette, ont choisi une même stratégie de remorquage par les exportations avec des banques centrales parfois plus complaisantes et prêtes par des moyens détournés à affaiblir leur monnaie », mentionne-t-elle. Le dynamisme de l’économie américaine au quatrième trimestre (2,8 % en rythme annualisé) et le maintien de perspectives de croissance élevées pour 2012 (1,8 % d’après le FMI) n’ont pas empêché la Fed de repousser une nouvelle fois l’échéance du resserrement de sa politique monétaire en annonçant que son taux directeur resterait exceptionnellement bas jusqu’en 2014. Si l’institution s’est fixée une cible d’inflation de 2 %, elle n’a pas non plus fermé la porte à de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif, mentionnant notamment ses préoccupations devant le niveau toujours élevé du taux de chômage. Confrontée à une croissance en berne, la Banque d’Angleterre pourrait elle profiter de sa réunion des 8 et 9 février pour relancer son programme de rachat d’actifs, celui-ci restant actuellement bloqué à 275 milliards de livres. La baisse du taux d’inflation observée depuis novembre est de nature à favoriser la mise en œuvre d’une telle décision, d’autant que la tendance devrait se poursuivre tout au long de l’année.
25 pb ou 50 pb ?
La faiblesse de l’activité en zone euro tend également à éloigner les pressions inflationnistes. « Le déficit de croissance (output gap) va probablement s’élargir, limitant les pressions sur les coûts et sur les prix », indique Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas. « Nous tablons sur une inflation totale en repli sur l’ensemble de l’année. De 2,7 % en décembre 2011, elle devrait revenir en deçà de 2 % cet été et se maintenir en dessous de ce seuil par la suite ». Dans ce contexte, la BCE pourrait rapidement reprendre le chemin de la détente de ses taux directeurs, comme l’anticipent les banques, celles-ci restant néanmoins divisées sur l’ampleur du mouvement (25 pb ou 50 pb) à horizon fin avril. A plus long terme, les anticipations se stabilisent alors que Standard & Poor’s prévoit pour la zone euro une sortie progressive de sa « légère récession » au second semestre et un retour à une croissance faible en 2013. « Les grands pays ouvriront probablement la voie du retour à la croissance, tandis que les autres pays membres enregistreront des performances divergentes », estime Jean-Michel Six, économiste chez Standard & Poor’s. Le consensus table toujours sur un léger resserrement du taux de rendement des obligations allemandes à dix ans, de 16 pb à horizon fin avril et de 30 pb à horizon fin juillet par rapport au niveau du 2 février (1,85 %).
Resserrement du crédit
Concernant les pays périphériques, la détente des taux longs a été entamée après la première opération de prêt à trois ans menée mi décembre par la BCE. Pour l’heure, les banques semblent plus enclines à réorienter les liquidités vers la dette souveraine qu’à destination des entreprises. Alors que les taux espagnols et italiens ont sensiblement reculé au cours des dernières semaines, la dernière enquête trimestrielle sur le crédit de la BCE révèle une augmentation sensible du nombre de banques ayant resserré leur condition d’accès au crédit au quatrième trimestre. « Plus le nombre de banques signalant un durcissement des conditions de crédit sera important, plus la BCE sera susceptible d’assouplir sa politique monétaire dans les prochains mois », indique BNP Paribas. Il est déjà acquis que l’établissement monétaire lancera une seconde opération de financement à trois ans le 29 février. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. |


