Analyse et Veille Stratégique en Investissement

Accueil Conseil en Investissement Analyse et Veille Stratégique en Investissement La SACD renouvelle les stratégies de son portefeuille de produits structurés

La SACD renouvelle les stratégies de son portefeuille de produits structurés

 

Dans le cadre de sa gestion financière, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) s’attache avant toute chose à assurer la liquidité et la protection des capitaux dont elle a la charge.  D’un montant moyen de 150 millions d’euros, le portefeuille de trésorerie qu’elle gère n’a pas vocation à être mis en risque, dans la mesure où il regroupe pour une durée limitée les droits d’auteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel, qui seront ensuite redistribués parmi les 51 000 auteurs-associés de la société.  Tout en se conformant à ces principes de prudence, la gestion financière vise un rendement minimum (environ 2 %) servant à combler le déficit structurel d’exploitation de la Société.

Aussi, les encours de trésorerie ont-ils été répartis entre une poche dédiée aux besoins opérationnels quotidiens, intégralement investie dans des  fonds monétaires à très court terme, et une poche plus stable, représentant 80 % des montants. « La segmentation du portefeuille s’est opérée dans le cadre de l’adoption d’une charte de gestion interne définie avec l’aide de nos conseils en investissement*. Cette charte, qui constitue le cadre de fonctionnement de notre gestion financière, fixe des règles pour la diversification des risques, la duration des placements, les ratios d’emprise, la qualité des contreparties et explicite des règles automatiques de cession en cas de contreperformance prolongée et a fortiori de perte en capital (stop loss) », précise Jean-Louis Blaisot, directeur administratif et financier de la SACD. La gestion de la trésorerie stable fait appel à toute la palette des solutions de placements monétaires. Aux côtés des traditionnels fonds monétaires à court et moyen-long terme (maturité maximum de 18 mois), qui concentrent près d’un tiers du portefeuille, figurent des fonds diversifiés soumis à une volatilité maximale de 1,5 (10 % du portefeuille), des dépôts à terme à taux d’intérêts fixe et progressif (23 %), des fonds garantis en capital (9 %) et des produits structurés (13 %).

 

Produits structurés

 

Voilà plus de quinze ans que la SACD investit en produits structurés. « A la différence des solutions actuelles, celles commercialisées dans les années 90 nécessitaient un investissement minimum de plusieurs millions d’euros et étaient moins diversifiées en terme de sous-jacent et de formule de rendement », note Jean-Marc Kernaleguen, chef comptable et trésorier de la SACD. « Certains produits souscrits dans le passé étaient indexés à des indices actions, sans aucun rendement minimum garanti. Suite au retournement des marchés du début des années 2000, nous avons été obligés de les conserver jusqu’à leur échéance tout en sachant qu’ils ne nous rapporteraient que le capital investi », témoigne Jean-Louis Blaisot. Pour s’éviter de nouveaux manques à gagner potentiels, de telles solutions ont été exclues du champ d’investissement de la SACD. L’exposition aux produits structurés se répartit désormais en une dizaine de lignes, qui ont toutes en commun de proposer une garantie en capital.

Pour diversifier les stratégies en portefeuille, la SACD a fait appels aux conseils de bfinance et du structureur indépendant Derivatives Capital. Après avoir étudié plusieurs propositions tenant compte d’un cahier des charges précis incluant une garantie du capital à échéance, un rendement minimum de 2 %, une notation minimum A+ de la contrepartie bancaire, une maturité de 3 ans et un volume d’investissement compris en 2 et 4 millions d’euros, la SACD a fait le choix d’une stratégie proposant un rendement indexé à l’évolution du taux d’inflation. Suite à cette décision, des émetteurs bancaires ont été sollicités dans le cadre d’un appel d’offres pour concevoir le produit. Une fois la contrepartie bancaire sélectionnée, les paramètres du produit ont ensuite été ajustés pour finalement aboutir à un coupon annuel évoluant selon le niveau de l’inflation entre un taux plancher de 2,15 % et un taux plafond de 4 %. « En sollicitant directement les salles de marchés des banques, nous avons toujours le doute que leurs propositions soient influencées par leur stratégie commerciale. Le recours à un intermédiaire nous a permis d’adapter au plus juste les paramètres du produit à nos objectifs financiers et de mieux comprendre les conséquences induites par les modifications effectuées dans le montage d’un produit », estime Jean-Louis Blaisot. Nul doute que l’expérience tirée de cette opération constituera un avantage dans les négociations liées au renouvellement des produits arrivant prochainement à échéance.

 

*bfinance, ndlr

 

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.