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Enquête allocation d'actifs - Janvier 2012 : les gérants privilégient les actions et le crédit au premier semestre

 

S’ils avaient à gérer un portefeuille suivant une allocation de référence équitablement diversifiée (50 % actions / 50 % obligations), les gérants investiraient actuellement en moyenne 50 % de leur actif en actions, 43 % en obligations et 7 % en monétaire. Cette légère préférence en faveur des actions se fonde sur des perspectives encourageantes pour les marchés émergents et, dans une moindre mesure, américains au cours des six prochains mois. Toutefois, pour les 80 sociétés de gestion internationales ayant répondu en janvier à notre nouvelle enquête sur les perspectives semestrielles des classes d’actifs traditionnelles, les obligations d’entreprises sont créditées des meilleures perspectives de performance. Anticipant un resserrement des spreads des émetteurs européens et américains sur l’ensemble des catégories de notation , les gérants envisagent de renforcer la thématique crédit en portefeuille au premier semestre. L’engouement pour les obligations d’entreprises contraste avec le sentiment négatif à l’égard  de la dette souveraine des pays développés. La part des gérants qui sous-pondèrent cette classe d’actifs en portefeuille devrait encore croître à horizon fin juin, malgré les soutiens à l’obligataire souverain que promettent d’apporter  les nouvelles règles prudentielles des banques et des assurances.

 

Portefeuille actions

 

A l’exception notable du marché américain, la quasi-totalité des Bourses ont achevé l’année 2011 en territoire négatif. En ce début 2012, elles font l’objet d’anticipations variables suivant les zones géographiques.  Malgré des performances encourageantes en janvier, le rebond des marchés actions européens devrait rester contenu durant la première partie de l’année. Pour les gérants, l’Eurostoxx 50 (dividende net réinvesti) progressera de 3 % au premier trimestre, puis se stabilisera jusqu’en juin. « La hausse du début d’année traduit le regain d’espoir suscité par les dernières mesures de la BCE visant à soutenir le secteur bancaire (et indirectement la dette souveraine) et la publication de données macro-économiques favorables concernant l’économie américaine au quatrième trimestre », analyse Federal Finance. « Toutefois, ces nouvelles ne constituent pas un facteur de soutien durable. A mesure que leur impact se dissipera, la récession économique en Europe viendra peser négativement sur les marchés actions », anticipe la société de gestion. BNP Paribas Investment Partners prévoit également « un retour des préoccupations dans la zone euro et une détérioration des perspectives économiques sur les marchés développés ». Swiss Life AM s’interroge : « les pays développés peuvent-ils mener les ajustements budgétaires nécessaires sans entraver la croissance ? ». Le Fonds monétaire international (FMI) ne le croit visiblement pas,  puisqu’il vient de réviser en territoire négatif son anticipation de croissance en zone euro pour l’année en cours, de 1,1 % à -0,5 %. Dans ce contexte européen morose, une poignée de gérants distingue toutefois le marché actions allemand, qu’ils classent parmi leurs investissements préférés pour 2012.

Porté par des perspectives de croissance de l’économie américaines plus élevées (1,8 % en 2012 d’après le FMI), les marchés actions US devraient surperformer leurs homologues européens. L’indice S&P 500 (dividende net réinvesti) est attendu en hausse de 4 % au premier trimestre et de 5 % sur l’ensemble du premier semestre. Parmi les variables clés de l’évolution des marchés boursiers outre-Atlantique, Argent Sector cite « les choix de Washington en terme de dépenses publiques » avant le scrutin présidentiel de novembre.  Mais, à l’instar des semestres précédents, ce sont encore les pays émergents qui suscitent le plus d’attentes. Les prévisions de hausse des cours ne reflètent que partiellement cet engouement. Si l’indice MSCI EM (dividende net réinvesti) est attendu en progression de 5 % au premier trimestre et de 7 % à horizon fin juin, les gérants sont 52 % en solde net à envisager d’être surpondérés sur la thématique à horizon fin juin. Le chiffre se compare à un solde net de 23 % de gérants surpondérés début janvier.

Pour Allianz Global Investor, « les actions émergentes combinent des niveaux de valorisation raisonnables, couplés à des prévisions de dividendes supérieures à celles des actions développées ». Le FMI table sur un ralentissement de la croissance et de l’inflation en 2012 (à respectivement 5,4 % et 6,2 % contre des taux réalisés de 6,2 % et 7,2 % en 2011). Aussi, Martin Currie s’attend à un assouplissement des politiques monétaires des pays émergents de nature à soutenir les marchés actions dans un environnement marqué par de faibles pressions inflationnistes. Les gérants sont également nombreux à mentionner les futures décisions chinoises en matière de politique monétaire parmi les catalyseurs ayant le plus d’influence sur l’évolution des marchés.

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012 

 

Dette souveraine

 

La crise de la zone euro restera la préoccupation majeure des marchés financiers au cours des prochains mois. A fin janvier, les marchés obligataires ont toutefois nettement réduit leurs anticipations d’un démantèlement de la zone euro qui débuterait par un défaut de l’Italie, avant de provoquer la sortie de l’Espagne puis de la France. Pour Axa IM, la probabilité implicite de sortie de l’euro de l’Italie est passée d’environ 30 % début décembre à environ 10 % le 27 janvier.

Après avoir largement réduit leur exposition à la dette souveraine européenne, les gérants vont progressivement réviser leur opinion à l’égard des obligations d’Etats de la zone Euro. Le solde net de gérants sous-pondérés sur les obligations de la zone euro passera de 47 % début janvier à 29 % fin juin. La dette souveraine en euros, au centre de toutes les attentions, sera bien la seule parmi les pays développés à bénéficier d’un regain tout relatif d’intérêt. Le solde net des gérants qui prévoit de sous-pondérer la dette américaine à horizon fin juin atteint 62 %, contre 25 % qui déclare la surpondérer en début d’année. Pour la dette britannique et japonaise, le solde ressort à respectivement 47 % et 37 %, à comparer à des niveaux de 41 % et 29 % en janvier.
La dette émergente passe elle d’une sous pondération nette de 3 % à une surpondération de 19 % en fin de semestre. Les portefeuilles de dette émergente sont aussi les seuls au cours des six derniers mois à avoir fait plus souvent l’objet d’un allongement de leur duration qu’un raccourcissement. De fait, à l’inverse de la dette des pays développés, les gérants ont actuellement tendance à maintenir une duration plus longue sur leur portefeuille de dette émergente que leur indice de référence.

En termes de performance, le consensus des gérants anticipe une hausse des taux d’intérêts sur les émissions souveraines de référence à horizon fin juin de 19 pb pour le dix ans allemand, de 26 pb pour le dix ans britannique et de 31 pb pour le 10 ans américain par rapport aux niveaux observés fin décembre.

 

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012

 

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012 

 

Crédit

 

Contrairement à la dette souveraine, les obligations d’entreprises sont plébiscitées  : les gérants sont actuellement surpondérés sur toutes les catégories de notation et prévoient de l’être encore davantage à horizon fin juin. L’attrait de la thématique n’est pas étranger au resserrement des spreads que les gérants anticipent tout au long du premier semestre. Par rapport au niveaux observés début janvier, les spreads des indices obligations corporate de la catégorie investissement (BarCap US Corporate IG et Euro Corporate IG) devraient se resserrer de respectivement 25 pb et 44 pb. Ceux de la catégorie haut rendement (BarCap US Corporate HY et Euro Corporate HY) de 65 pb et 93 pb. Les spreads des obligations corporates des pays émergents (JP Morgan EMBI Global) sont également attendus en baisse de 48 pb au premier semestre. Bien entendu, ces évolutions sont sensibles à la résolution de la crise de la dette souveraine en zone euro. Les gérants soulignent également l’influence de la croissance économique, alors qu’un éventuel retour en récession serait susceptible d’inverser les anticipations de resserrement des marges.

Les émissions financières sont plus particulièrement exposées aux décisions relatives à une éventuelle restructuration de la dette grecque. BayernInvest Kapitalanlagegesellschaft se demande « comment des éventuelles décotes sur la dette souveraine européenne affecteront les établissements financiers et leurs émissions obligataires ? » tandis qu’Alliance Trust Investments évoque « un défaut de paiement désordonné de la Grèce »

Enfin, interrogés sur l’influence que peut avoir la mise en œuvre des nouvelles réglementations bancaires et assurantielles sur l’évolution des marchés financiers, les gérants sont nombreux à reconnaître un impact négatif à court terme mais positif à plus long terme. Alors que BNP Paribas Investment Partners estime que la réglementation constitue un frein au développement des marchés « en réduisant la capacité des banques à acheter des actifs longs et risqués », BayernInvest Kapitalanlagegesellschaft relativise le retrait des banques en mentionnant l’existence d’autres investisseurs d’envergure, au premier rang desquels les fonds souverains. « Les nouvelles exigences en capital, à la fois qualitative et quantitative, auront des implications positives à long terme. A court terme, elles vont affecter les capacités de prêt des banques avec des conséquences négatives pour la croissance économique et les marchés actions, mais positives pour les obligations », analyse Premier Fund. « Le renforcement de la régulation va augmenter le coût du capital pour les banques et donc réduire leur profitabilité. Toutefois, cette évolution est déjà intégrée par les marchés, les actions des banques ayant déjà subi des décotes significatives », indique Allianz GI. « En revanche, la dette souveraine devrait être assez soutenue dans la mesure où elle reçoit un traitement favorable dans le calcul des actifs pondérés du risque et que les banques sont incitées à détenir des actifs liquides ».

 

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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012


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Source : bfinance, Fund Manager Strategy Survey, January 2012 

 

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