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| La perspective de Solvabilité 2 décourage la Macif de renforcer son exposition action |
| 20 novembre 2009 | |
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Alors que l’entrée en vigueur de la directive Solvabilité 2 se profile à horizon 2012, les craintes des assureurs sur les futures exigences en fonds propres commencent à prendre forme. Témoin de cette réalité, la Macif, qui aurait bien voulu renforcer son exposition aux actions suite aux récentes hausses des marchés. Le groupe mutualiste basé à Niort connaît bien l’objet des débats actuels et le contenu des travaux autour du futur cadre de régulation prudentielle des sociétés d’assurances pour avoir notamment participé aux quatre tests d’études d’impacts quantitatifs du Comité européen des superviseurs d’assurance (CEIOPS). « Avec Solvabilité 2, l’essentiel des besoins en fonds propres ne proviendront plus de l’exposition aux risques d’assurances mais des actifs financiers détenus en portefeuille. Si les chiffres mentionnés actuellement venaient à être confirmés, les assureurs se désengageraient massivement des marchés actions », estime Daniel Fruchart, directeur financier de la Macif. D’après lui, le projet de directive aurait déjà incité de grands assureurs à réduire leur exposition au risque action. « La France manque de soutien pour défendre une problématique qui lui est trop spécifique. De leur côté, les Anglo-saxons et les Hollandais ont réussi à faire en sorte que leurs fonds de pension ne soient pas soumis à la future directive », note Daniel Fruchart. A la tête d’une poche action représentant peu ou prou 6 % d’un encours global évalué à 22 milliards d’euros à fin octobre 2009, la Macif se dit prête à sortir intégralement la classe d’actifs de son portefeuille si la réglementation se révèle trop contraignante.
Immobilier
Au cœur des futurs projets d’investissement de la mutuelle en raison d’un léger recul des prix, l’immobilier est aussi la cible de Solvabilité 2. « Même s’il implique moins de contraintes que les actions, l’immobilier fait l’objet d’un renforcement des exigences en fonds propres. Etrangement, la City de Londres serait plus pénalisée que les autres villes », remarque Daniel Fruchart. Depuis plusieurs années, les investissements de la Macif sur ce segment sont orientés par une volonté de diversification des supports. Outre la détention en direct et les investissements via des sociétés foncières cotées et non cotées, les positions en immobilier prennent la forme d’OPCI, jugés intéressants dans une optique de diversification mais qui font aussi l’objet de nombreuses critiques. « L’offre se concentre trop sur le patrimoine d’exploitation comme les grands magasins et ne s’oriente pas assez vers l’investissement en bureau ou en immobilier de base. Les OPCI ou SCPI ne répondent pas non plus au problème de la liquidité dans la mesure où les fonds n’ont pas de durée de vie limitée et que la sortie s’effectue souvent au bon vouloir du gestionnaire. Je préfère le mécanisme du private equity pour lequel la fixation d’une date de clôture dès le départ oblige le gérant à se préoccuper de la phase de sortie ». Les OPCI offrent toutefois l’avantage de la transparence fiscale, selon laquelle seuls les revenus effectivement distribués au porteur de part sont fiscalisés, et donnent aussi la possibilité d’isoler la performance de l’immobilier du reste du portefeuille.
Taux courts
En dehors des aspects réglementaires, la Macif s’inquiète de la faiblesse actuelle des taux courts alors qu’a été constatée depuis plusieurs mois un fort regain d’intérêt des investisseurs pour l’assurance vie. « A fin 2008, l’euribor 3 mois rapportait près de 5 % contre 0,5 % aujourd’hui. Face à l’accélération de l’activité, nous essayons d’allonger les maturités des placements, mais les montants investis à court terme sont encore trop importants chez Mutavie ». La part des actifs de trésorerie représentait 8 % du portefeuille global à fin octobre. Pour éviter que cette part augmente, les nouveaux investissements ont été orientés vers les marchés primaires obligataires pour capter les niveaux élevés de spreads qui ont prévalu jusqu’au milieu de l’année. Les émissions n’ont toutefois pas été suffisantes pour absorber l’ensemble des excédents et la pondération des obligations est finalement restée assez stable, à 77 % du portefeuille global. En parallèle, la bonne tenue des marchés a permis de maintenir la proportion des actions alors qu’en 2008, d’importantes provisions étaient venues compenser une forte plus value enregistrée suite à la cession d’un centre commercial.
L’impact de la crise financière sur les actions n’a pas non plus poussé la Macif à adopter un comportement de repli sur la gestion indicielle comme certains institutionnels ont pu le faire. A cet égard, une étude comparative a été menée en interne sur l’évolution des performances historiques et des caractéristiques de risque à un an, trois ans et cinq ans des OPCVM action indiciels, benchmarkés et de stock-picking. A long terme, ce dernier style de gestion délivre une plus grande rentabilité par unité de risque mais sous-performe en période de crise. « La prise de position sur ce type de fonds peut toutefois poser des problèmes aux grands institutionnels qui hésitent à investir de grosses sommes dans de petites sociétés de gestion », estime Daniel Fruchart qui reconnaît toutefois que ce type d’institution propose bien souvent les meilleurs supports.
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